10. sept., 2016

ÊTES-VOUS DÉPENDANT DE VOS ENFANTS?

 L'année scolaire 2016-2017 étant entamée depuis peu, on constate déjà les effets néfastes chez les enfants qui sont surprotégés par leurs parents.  Lorsque le parent vit l'émotion de son enfant allant jusqu'à vivre une angoisse intense ou bien quand le parent excuse tout comportement de son enfant et bien plus encore.  En bout de ligne, l'enfant souffre, le parent souffre mais surtout les problèmes s'amplifies et se multiplies. 
 
Apprendre à lâcher prise, apprendre à vivre uniquement ses propres émotions, diminuer son anxiété, son angoisse et accepter que le monde parfait, la vie parfaite, l'enfant parfait, le parent parfait n'existe pas.
 
Voici donc un article intéressant à consulter.
 
 
Vous êtes comblée par la maternité, et rien n’a plus d’importance pour vous que votre enfant. La relation fusionnelle est telle qu’il n’y a plus de place pour aucun conjoint ni autres activités que celles destinées à votre chérubin. Vous êtes prête à tout lui donner — trop peut-être — pour faire son bonheur!

Vous sentez bien que votre amour a quelque chose d’excessif. L’angoisse vous ronge rien qu’à l’idée de confier votre petit cœur pour un moment, même à vos parents! Les reproches répétés de votre entourage, qui vous accuse d’être trop «mère poule», finissent par vous mettre mal à l’aise. Vous vous demandez comment faire la part des choses: «Dois-je suivre mon instinct? Suis-je trop maternelle? Où s’arrête la protection et où commence la surprotection?»

Il semble bien que cette frontière soit quelquefois difficile à tracer. Mais quand on commence à réaliser qu’on a peut-être dépassé les limites, que son côté maternel s’est surdéveloppé au détriment de tous les autres aspects de sa personnalité, il est peut-être temps de s’arrêter et d’essayer de comprendre comment on a pu développer une telle attitude.

Les causes de la dépendance

Votre enfant a un grand besoin d’amour, c’est vrai, mais en réalité, vous constatez que c’est votre propre besoin d’affection qui vous pousse à agir ainsi. Pour en avoir manqué durant votre propre enfance, vous recherchez à combler ce vide par celui, inconditionnel, de votre propre rejeton. Par peur du rejet, de l’abandon et de la solitude, vous allez combler votre manque d’affection en le surprotégeant, voire en l’étouffant.

Cette relation de dépendance peut également être liée à l’éducation que vous avez reçue. En tant que femme, vous avez appris très jeune à vous oublier pour vous consacrer totalement aux autres.

Quoi qu’il en soit, vous désirez le bonheur de votre enfant, sans réaliser à quel point cet amour excessif peut avoir des conséquences négatives sur lui tout en étant malsain pour vous-même.

Des effets néfastes à court et à long termes

Trop aimer peut s’avérer aussi néfaste que n’importe quelle autre forme de dépendance. La relation fusionnelle fait en sorte que votre enfant est incapable de faire la distinction entre ses propres émotions et les vôtres; il se sent déchiré entre l’amour qu’il vous porte et le peu de liberté que vous lui accordez.

Vouloir protéger son enfant est tout à fait normal. Seulement, tout est une question d’équilibre et de mesure. Quel âge a-t-il? Quatre mois? Quatre ans? Quatorze ans? À chaque étape de sa vie correspond un comportement approprié. Au fur et à mesure qu’il grandira, il devra se détacher de vous. Il ira à la garderie, puis en classe, pour finalement prendre un jour son envol.

Mais si, sans vous en rendre compte, vous vous accrochez à lui en le gâtant à l’excès, il risque bien de devenir un autre «Tanguy», qui, à 30 ans, vivra encore sous votre toit. Car, persuadé que votre univers s’écroulera s’il devait partir, il se sentira coupable et refusera d’endosser la responsabilité de votre peine. Prisonnier de votre amour, il sera incapable de vous quitter et préférera rester à vos côtés plutôt que de partir vivre sa vie d’adulte. Finalement, les rôles s’inverseront, votre enfant devenant à son tour responsable de vous.

S’il réussit à vous quitter, les conséquences de sa relation fusionnelle avec vous peuvent se manifester de deux manières: soit il aura peur de s’investir dans une relation en redoutant de vivre un nouvel amour envahissant, soit il cherchera au contraire à recréer constamment des liens de dépendance, assoiffé de l’attention et de l’amour auxquels il est habitué.

Seule ou en couple

La dynamique est différente selon que l’on est en couple ou que l’on élève seule son enfant. Un père présent peut être obligé de lutter pour se tailler une place entre vous et votre progéniture. Ou alors, se sentant mis à l’écart, il peut décider de battre en retraite et s’éloigner peu à peu.

Si vous êtes seule avec votre enfant, le risque qu’une relation fusionnelle s’installe est encore plus grand, car vous pouvez être tentée d’en faire encore plus pour combler le manque de père! Il arrive également qu’une mère monoparentale souhaite traiter son petit d’égal à égal, ce qui crée un nouveau «couple». Malheureusement, l’enfant endosse alors un rôle qui ne lui appartient pas et prend sur ses épaules une responsabilité beaucoup trop grande pour lui. À l’inverse, il peut aussi être tenté de profiter de la situation pour vous faire marcher au doigt et à l’œil. C’est ainsi qu’il deviendra un enfant-roi avec tout son lot d’exigences et qu’il abusera de vos bontés.

Quelques conseils pour mieux équilibrer votre relation «mère-enfant»

  • Apprenez à lâcher prise.
  • Ne faites pas tout pour votre enfant. Laissez-lui la chance de découvrir qu’il est capable d’accomplir bien des choses par lui-même. Le guider ne veut pas dire le contrôler.
  • Examinez vos propres besoins affectifs. Retracez les origines de votre peur du rejet et de l’abandon.
  • Développez votre réseau et celui de votre enfant. Faites-vous une bonne amie à qui
  • vous pourriez confier vos inquiétudes d’adulte et de parent. Inscrivez votre enfant à des activités de son âge.
  • Faites la part des choses. Votre rôle de mère est capital, mais vous n’êtes pas seule
  • responsable de son développement. D’autres personnes (le père, la famille élargie, les amis) et d’autres facteu|rs (biologiques, psychologiques et sociaux) ont aussi une influence sur son évolution.
  • Trouvez l’équilibre. Il est bon d’aimer et de donner, mais il est important d’établir des limites si l’on ne veut pas que l’enfant abuse.
  • Trouvez-vous d’autres sources de bonheur. Vous êtes maman, et ce statut est irremplaçablea dans la vie de vos enfants. Mais vous devez également vous occuper des autres aspects de votre existence. Faites-vous plaisir!
  • Consultez. Si vous êtes incapable de trouver l’équilibre qui vous convient dans votre vie, consultez un thérapeute au CLSC de votre quartier ou profitez des lignes d’écoute pour parents. Tous ses services sont gratuits.
 
Publié le 17-03-2012 à 10:54
PAR
Suzanne Bouilly